“There’s something about the way…” Dès les premiers mots chantés, la nostalgie s’invite en douceur. Comme un tiroir qu’on ouvre alors qu’on range sa chambre d’adolescent.e pour y trouver de vieilles photos ou un journal intime. On se laisse tenter et on se retrouve transporté.e vers une époque de sa vie où ces instants figés sur du papier glacé ou sur les pages d’un carnet étaient encore le présent.
Qu’on ait écouté la version initiale de Fearless (2008) la veille ou des années auparavant, entendre Taylor Swift poser sa voix de trentenaire sur des titres qui lui ont valu le succès à l’âge de 19 ans ne laisse pas indifférent. Et dès la deuxième chanson, l’émotion frappe de plein fouet. En écrivant Fifteen à l’époque, l’autrice-compositrice revenait déjà sur des souvenirs, ceux de l’année de ses quinze ans : arriver dans un nouveau lycée, se lier d’amitié à une certaine Abigail, aller à son premier rendez-vous avec un garçon, et surtout, essayer désespérément de trouver sa place dans ce monde (un thème récurrent dans les premiers disques de Swift).
Quand Taylor Swift chante “I lived, and I learned”***, ce ne sont pas que des mots. Cette réédition en est bien la confirmation. En plus d’être un disque intéressant à découvrir autant pour les fans que les auditeurs curieux, et l’un des chapitres d’un cas-école dans l’industrie musicale, Fearless (Taylor’s Version) est un beau rappel qu’il faudrait peut-être essayer de ne pas se laisser envahir par ce sentiment de gêne que l’on peut ressentir face à des rappels de qui on était par le passé. Autant plutôt célébrer le chemin parcouru depuis, et poser un regard plus tendre et compréhensif sur cette version-là de soi. Dans l’espoir d’en ressortir meilleur.e et avancer dans la vie avec plus de confiance.
*“Mais dans ta vie tu feras des choses / Bien plus importantes que de sortir avec le garçon de l’équipe de football (américain)”
**“A l’époque, je m’étais juré que je l’épouserais un jour / Mais j’ai réalisé des rêves bien plus grands”
***“J’ai vécu, et j’ai appris”